Le CV et la lettre de motivation en anglais
Comment structurer un CV et une lettre de motivation comme les attend un employeur anglophone : verbes d’action, résultats plutôt que missions, et le bon ton de la lettre.
Un CV traduit mot à mot depuis le français se lit souvent comme un texte anglais correct, et pourtant il ne fonctionne pas comme un CV : les phrases sont justes, mais personne n’arrive au bout du document. Le problème n’est presque jamais la grammaire. Il est dans la structure et le ton : ce que contient un CV en anglais, ce qu’on y omet et jusqu’où l’on peut parler franchement de ses propres réussites.
Que mettre, et dans quel ordre
- Coordonnées — nom, téléphone, e-mail, ville (sans l’adresse complète), lien LinkedIn ou portfolio, si vous en avez un.
- Un bref résumé sur vous (facultatif, 2 à 3 lignes) — ce que vous faites et ce que vous cherchez, pas l’histoire de votre vie.
- Expérience professionnelle (Work experience), du poste le plus récent au plus ancien — c’est la première section que l’on lit.
- Formation (Education, et non « Formation », qui en anglais désigne plutôt une session de training), en général brève, sauf pour un premier emploi.
- Compétences — langues, outils, certifications.
Ce que l’on omet d’ordinaire, et pourquoi il est utile de le savoir : la photo, la date de naissance, la situation de famille et la nationalité. Dans certains pays, on s’attend à les voir ; dans le recrutement anglophone (Royaume-Uni, États-Unis, la plupart des entreprises internationales), en général non, et la présence de ces données se lit plus comme démodée que comme minutieuse.
La ligne que l’on lit vraiment : un résultat, une ligne
La principale différence entre un CV traduit et un CV efficace : n’énumérez pas des missions, nommez des résultats. En France, on écrit souvent au style nominal (« Responsable du service ventes », « Gestion d’une équipe de six personnes ») ; en anglais, cela ne dit pas ce que vous avez accompli.
❌ Responsable du service ventes. (traduit : Responsible for the sales department.) ✅ Led a team of six and grew regional sales by 18% in a year.
Le schéma situation → action → résultat qui marche en entretien marche aussi ici, condensé en une seule ligne : ce que vous avez fait et ce qui en est résulté. Un chiffre vaut mieux qu’un adjectif : grew sales by 18% en dit plus que significantly improved the sales indicators.
Commencez par un verbe, et ne répétez pas toujours le même
Chaque point doit s’ouvrir par un verbe d’action au passé : jamais was responsible for, was in charge of ni helped with, des formulations qui masquent qui a réellement fait le travail.
Verbes forts selon le type de réussite :
| A construit quelque chose | A amélioré quelque chose | A dirigé des personnes | A résolu un problème |
|---|---|---|---|
| built, developed, designed, launched | improved, reduced, increased, streamlined | led, managed, mentored, coordinated | resolved, diagnosed, fixed, prevented |
- Reduced page load time by 40% by rewriting the caching layer.
- Negotiated a contract renewal that cut supplier costs by 12%.
- Mentored two junior developers, both promoted within a year.
Répéter le même verbe à chaque point est le deuxième problème le plus fréquent, après les formulations impersonnelles sur les missions : le CV se lit comme si, dans aucun projet, vous n’aviez rien fait de différent.
Le temps verbal : le passé pour les postes précédents, le présent pour le poste actuel
- I managed the migration. (un travail que vous avez quitté)
- I manage a team of five. (votre poste actuel)
Mélanger les deux dans un même CV — certains points au passé sous un poste encore indiqué comme actuel — est une petite erreur qu’un lecteur anglophone remarque tout de suite : cela donne l’impression que personne n’a relu le document.
La lettre de motivation : plus courte et plus directe qu’il n’y paraît nécessaire
La lettre de motivation française s’ouvre souvent sur plusieurs phrases de politesse et se ferme sur la formule consacrée (« Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées »). En anglais, cela se lit comme du remplissage. Trois paragraphes courts, c’est la longueur attendue, pas un minimum à atteindre.
- Pourquoi vous écrivez et pour quel poste — en une seule ligne.
- Une ou deux raisons concrètes pour lesquelles vous convenez — liées à un élément de l’offre elle-même, et non une déclaration générique.
- Une conclusion brève et assurée.
- I'm writing to apply for the Backend Engineer role at [Company]. I've spent four years building Python services at scale, most recently leading the migration your job post describes needing help with.
- I'd welcome the chance to discuss how my experience with [specific thing] could help your team. Thank you for considering my application.
Évitez I am very interested in this exciting opportunity : cette phrase ne dit au lecteur rien qu’il n’ait déjà lu cinquante fois cette semaine. Mentionner un élément concret du texte de l’offre dès la deuxième ligne fonctionne mieux que n’importe quel enthousiasme à la première.
Formel, mais pas sec
Le ton se rapproche ici d’une lettre professionnelle plus que d’un document juridique. I would be delighted to et I am writing to enquire sont grammaticalement correctes, mais dans la bouche de la plupart des candidats, elles sonnent trop cérémonieuses ; I'm writing to apply for et I'd welcome the chance to sont un registre professionnel moderne et plus naturel, tout en restant pleinement professionnel.
Un piège de traduction fréquent
Le mot « expérience » en français se compte (« mes expériences professionnelles », « une expérience enrichissante »). En anglais, experience dans ce sens est indénombrable.
❌ I have the experience in project management. ✅ I have experience in project management. / I have five years' experience managing projects.
❌ My professional experiences are... ✅ My experience includes... (indénombrable dans ce sens, sans pluriel)
Testez vos connaissances
Le test suivant porte sur la transformation d’une mission en résultat et sur le choix des verbes qui font qu’un CV se lit comme s’il avait été écrit par un anglophone natif, et non comme une traduction.