Raconter des histoires complexes avec aisance
Comment structurer un long récit en anglais : séquence, arrière-plan et orientation de l’auditeur.
Raconter une longue histoire est une compétence distincte de la conversation. Il faut gérer plusieurs plans temporels à la fois, ne pas perdre l’auditeur et mener le récit jusqu’à sa chute. Bonne nouvelle pour un francophone : le français fait déjà la même chose avec le passé composé, l’imparfait et le plus-que-parfait, et l’anglais répartit les rôles de façon assez proche (past simple, past continuous, past perfect).
D’abord, posez le cadre
Les narrateurs aisés orientent d’abord l’auditeur, et ne passent aux faits qu’ensuite.
This was back when I was still working in Munich, so about five years ago.
Débuts utiles : This was when..., A while back..., I don't know if I've told you this, but...
Le past perfect pour ce qui s’est passé avant
La ligne principale va au past simple ; tout ce qui s’est passé avant va au past perfect (le plus-que-parfait français).
- By the time I arrived, they had already left.
- I realised I had forgotten my passport.
Sans cela, l’ordre des faits s’effondre : I realised I forgot my passport ne montre pas ce qui s’est passé en premier.
Le past continuous pour l’arrière-plan
- I was walking to the office when my phone rang.
L’action d’arrière-plan va au continuous ; le fait qui l’interrompt va au simple. Ce couple fait l’essentiel du travail dans un récit oral (comme l’imparfait et le passé composé : « je marchais quand mon téléphone a sonné »).
Une séquence sans « then » interminable
Un récit faible est une chaîne de and then... and then.... Un récit aisé varie :
- At first, ... but after a while, ...
- Meanwhile, ...
- Just as I was leaving, ...
- It turned out that ...
- Eventually, ...
- The next thing I knew, ...
Comment citer les personnes dans le récit
Le discours indirect est précis, mais terne. Dans un récit oral, on passe plutôt au discours direct, et pour cela l’anglais a son propre répertoire d’introducteurs familiers :
- So she says, "You can't park there." (présent, voir plus bas)
- And I'm like, "Since when?" (très fréquent, familier)
- He goes, "It's been a bus lane for months." (familier, avec une nuance narrative ; le français a le même « il fait : … »)
- She was going on about the parking again. (récit avec attitude)
Gardez said et told pour l’écrit ; le reste, pour l’oral, et ne mélangez pas les registres dans un même récit.
Le présent dans le récit
Les locuteurs natifs passent souvent au présent au milieu de l’histoire pour lui donner de la vie :
So I walk in, and there he is, sitting at my desk.
C’est un procédé stylistique délibéré, non une erreur (le français connaît lui aussi le présent de narration), mais tenez-le de façon constante sur le passage et n’y glissez pas par accident.
La réaction à l’intérieur du récit
Ce qui distingue un narrateur aisé d’un simple narrateur correct, c’est l’appréciation : une indication à l’auditeur sur la façon d’interpréter chaque événement.
- …which was odd, because the office was supposed to be empty.
- Believe it or not, nobody had noticed.
- To be fair, I hadn't exactly explained myself.
- Bear in mind I'd never done this before.
Sans elles, le récit est une liste de faits. Avec elles, il acquiert un point de vue.
Comment retenir l’attention
- You'll never guess what happened next.
- And this is the strange part — ...
- Long story short, ... (quand vous voulez sauter en avant)
On attend une réaction de l’auditeur, et lui laisser la place de la donner fait partie du savoir-faire : Really? · What did you do? · You're joking. Après un rebondissement important, il vaut mieux faire une pause que de le bousculer.
Comment revenir après une digression
Les longues histoires dérivent. L’anglais a des formules toutes faites pour revenir au sujet :
- Anyway, where was I?
- Sorry, I'm going off on a tangent.
- Anyway — so we're standing outside at midnight…
Le cheval de bataille ici est anyway : un seul mot referme la digression et rouvre la ligne principale.
Comment terminer
Une histoire a besoin d’une fin qui signale qu’elle est terminée.
- Anyway, that's why I never fly with them now.
- In the end, it worked out fine.
- And that was that.
Sans signal de clôture, l’auditeur ne sait pas s’il est temps de réagir.
La structure est portée par les temps verbaux : past perfect pour l’avant, past continuous pour la scène, past simple pour les faits, présent pour les moments les plus vivants. L’auditeur suit un récit complexe à travers ces passages sans les remarquer, et se perd quand ils manquent.
Le même schéma en miniature
A : Did I tell you about the flat viewing? This was just after we'd moved back.
B : No — go on.
A : So we're standing outside at eight in the morning, and the agent goes, "Sorry, it went yesterday." Which was odd, because he'd emailed me the night before.
B : You're joking.
A : Anyway, that's why we ended up in Leyton. In the end it worked out fine.
Cadre, arrière-plan au past perfect, présent pour la scène, introducteur familier de la citation, appréciation, place laissée à la réaction de l’auditeur et signal de clôture : toute la structure en cinq répliques.
Mettez à l’épreuve ce que vous avez appris
Le test suivant porte sur la concordance des temps verbaux et sur les marqueurs de structure du récit.